{"id":1267,"date":"2026-07-13T14:59:53","date_gmt":"2026-07-13T12:59:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.juliegille.fr\/?p=1267"},"modified":"2026-07-13T15:02:44","modified_gmt":"2026-07-13T13:02:44","slug":"des-incendies-au-feu-sacre-13-juillet-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/2026\/07\/13\/des-incendies-au-feu-sacre-13-juillet-2026\/","title":{"rendered":"Des incendies au feu de joie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-headings-color has-text-color has-link-color wp-elements-765ff6e4f2d118a8f7ef9aebaaf62c2f wp-block-paragraph\">13 juillet 2026 &#8211; <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-headings-color has-text-color has-link-color wp-elements-07498d087fc3bf8a29bd7e188ec7c884 wp-block-paragraph\">Cette nuit j\u2019ai r\u00eav\u00e9 que j\u2019\u00e9tais un animal de la for\u00eat encercl\u00e9 par les flammes tentant de fuir, cherchant une issue. Les bruits, les odeurs, les cris d\u2019autres animaux, la panique. Tout y \u00e9tait. \u00c7a fait plusieurs jours que je r\u00eave d\u2019incendies. Celui-ci a \u00e9t\u00e9 le coup de gr\u00e2ce, faisant plier la digue: je pleure sans m\u2019arr\u00eater depuis le r\u00e9veil. J\u2019ai de nombreux patients boulevers\u00e9s par l\u2019\u00e9tat du monde vivant. Au d\u00e9but je croyais que mon job \u00e9tait de les amener \u00e0 croire en une survie, un maintien, une gu\u00e9rison, \u00e0 une issue positive. Un monde sauv\u00e9. Finalement je me suis rendue compte que ce n\u2019est pas ce qui les apaisait. Ni moi. Quand on travaille les douleurs chroniques, on doit faire le deuil de la gu\u00e9rison. L\u2019objectif est de trouver de la s\u00e9curit\u00e9 dans l\u2019instant pr\u00e9sent au c\u0153ur m\u00eame de la douleur sans chercher \u00e0 sortir de cette douleur. Je crois que c\u2019est notre challenge collectif face aux bouleversements. Ne pas se r\u00e9signer certes, mais ne pas lutter contre une r\u00e9alit\u00e9 implacable, rester congruent, align\u00e9s. Accepter la mort de ce qu\u2019on conna\u00eet, du monde connu, la n\u00f4tre et se r\u00e9soudre \u00e0 l\u2019inconfort. Et \u00e0 la fois continuer \u00e0 incarner ses valeurs dans sa parole, dans ses pas, dans cette conscience que la finitude est une exp\u00e9rience \u00e0 vivre. S\u2019asseoir dans le chaos, contempler le massacre comme dirait Paule Lebrun. Et s\u2019ancrer ds la s\u00e9curit\u00e9 qui ne d\u00e9pend ni de la gu\u00e9rison ni de la survie mais de la foi et de la joie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-headings-color has-text-color has-link-color wp-elements-16a8a85fd7160b16527b2b2c52979516 wp-block-paragraph\">La psychologue Carolyn Baker puise dans les philosophies ancestrales et orientales pour nous rappeler que la joie n\u2019est pas la satisfaction de nos d\u00e9sirs, ni un positivisme aveugle, mais l\u2019engagement \u00e0 \u00eatre en vie dans cette r\u00e9alit\u00e9 telle qu\u2019elle est sans se dissocier ni en nier les difficult\u00e9s. Tenir son \u00e2me debout dans le monde, quel qu\u2019il soit. L\u2019\u00e9tape incontournable \u00e0 cette joie est paradoxalement le deuil. Des illusions, des attentes, des d\u00e9sirs, des espoirs. Osho disait \u00ab je vous enseigne le d\u00e9sespoir pour que vous puissiez enfin c\u00e9l\u00e9brer \u00bb. Pleurons, pleurons. Au c\u0153ur de mon deuil, reli\u00e9e \u00e0 ces for\u00eats qui br\u00fblent, je me suis assise en silence dans mon jardin. Au coucher du soleil. Le vent chantait. Un chevreuil est pass\u00e9. Puis une belette. La vie semblait m\u2019offrir un bijou dans un \u00e9crin. Oui \u00e7a meurt, oui \u00e7a se perd. Et cette exp\u00e9rience br\u00fblante de la finitude me faisait toucher l\u2019exp\u00e9rience ardente d\u2019\u00eatre en vie. Pas une vie \u00ab plan maison barri\u00e8re blanche , 2 enfants 1 chien \u00bb. (R\u00e9sumer le bonheur \u00e0 ce plan risque d\u2019\u00eatre une voie de garage sous peu). Non. Le vivant brut, l\u2019aventure folle et insens\u00e9e d\u2019\u00eatre en vie sur ce caillou flottant dans l\u2019espace , au milieu d\u2019un chaos sans nom qui n\u2019est pas \u00e0 r\u00e9soudre . Nous cherchons de la binarit\u00e9 pour apaiser nos angoisses p\u00e9trissant la vie de contradictions, de polarisations et de radicalisations, alors qu\u2019elle est faite de paradoxes que nous devons apprendre \u00e0 tenir au c\u0153ur de notre conscience. Le rire au c\u0153ur m\u00eame de la souffrance, les pleurs de la perte comme compost et source de c\u00e9l\u00e9bration, la vie qui caresse la mort, la joie d\u2019une \u00e2me enflamm\u00e9e qui se tient debout dans le monde , l\u2019embrassant dans ses ombres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-headings-color has-text-color has-link-color wp-elements-165ea0d417277a1ed0fe0ff696d24b65 wp-block-paragraph\">Je me suis souvenue qu\u2019en participant \u00e0 des stages divers et vari\u00e9s o\u00f9 j\u2019\u00e9tais convoqu\u00e9e au c\u0153ur de mes ombres, je riais m\u00eame en pleurant. Je croyais que c\u2019\u00e9tait selon l\u2019explication r\u00e9ductionniste psycho trauma, syst\u00e8me nerveux et tout le tintouin, une familiarit\u00e9 de l\u2019intensit\u00e9. Mais dieu que cette vision est \u00e9triqu\u00e9e et qu\u2019il est urgent de depsychologiser nos regards. Non, depuis enfant il y a toujours eu de la joie dans mon \u00e2me au c\u0153ur de l\u2019horreur. Une joie sans but, une joie sans besoin de gu\u00e9rir ou de soigner ou sauver. Une joie de l\u2019instant, une joie du vivant qui me traversait et me donnait le courage d\u2019y aller. Encore. Je pouvais ramasser mes dents au sol et sentir un feu de joie sous la souffrance: celle d\u2019\u00eatre en chemin. Au bon endroit. De r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel de mon \u00e2me et de celui du monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-headings-color has-text-color has-link-color wp-elements-e3fc7ea1287883ba259090140921b279 wp-block-paragraph\">Chaque 1er janvier, je cr\u00e9e un collage oraculaire. Pas un visionboard de mes d\u00e9sirs qui laisserait croire que mon petit \u00ab moi \u00bb par le pouvoir de l\u2019attraction peut coloniser la r\u00e9alit\u00e9. Mais un \u00e9tat de transe, des images spontan\u00e9es et une exploration de ces profondeurs sauvages qui cherchent \u00e0 dialoguer en moi . Cette image ci dessous est celle du 1er janvier 2026. Tenir mon \u00e2me debout dans le monde, garder la flamme vivante au c\u0153ur de l\u2019obscurantisme. Sans dissociation ni positivisme qui nie l\u2019ombre. La joie comme nature m\u00eame de nos \u00e2mes et de la cr\u00e9ation, la beaut\u00e9 comme celle du monde . Posture en cours de t\u00e9l\u00e9chargement\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"747\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.juliegille.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3850-747x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1268\" srcset=\"https:\/\/www.juliegille.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3850-747x1024.jpeg 747w, https:\/\/www.juliegille.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3850-219x300.jpeg 219w, https:\/\/www.juliegille.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3850-768x1053.jpeg 768w, https:\/\/www.juliegille.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3850-1121x1536.jpeg 1121w, https:\/\/www.juliegille.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3850.jpeg 1494w\" sizes=\"auto, (max-width: 747px) 100vw, 747px\" \/><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>13 juillet 2026 &#8211; Cette nuit j\u2019ai r\u00eav\u00e9 que j\u2019\u00e9tais un animal de la for\u00eat encercl\u00e9 par les flammes tentant de fuir, cherchant une issue. &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1267","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1267"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1267\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1272,"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1267\/revisions\/1272"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1267"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.juliegille.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}